BILAN avec les ELEVES
après la découverte de l'exercice HISTOIRES
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Réflexions croisées entendues
dans 3 groupes d'élèves, 1 soutien collège
6ème et 2 de Segpa lors du "test" de l'exercice "Histoires" :
Prof: - Avant, vous aviez dit que
les exercices "Cendrillon" et "Riquet" étaient plus faciles que les exercices
"La Fée Poussière" et "Les fleurs", et vous aviez pensé que
c'était parce que vous connaissiez déjà l'histoire. Que pensez-vous de l'exercice "Histoires"?
Elèves: - Pour Cendrillon et Riquet, c'était vrai, mais l'exercice "Histoires" est encore plus facile.
Prof: - A votre avis, pourquoi c'est plus facile ?
E: - C'est plus facile parce que le texte est plus facile, on connaît les mots.
P: - Ah bon ? Vous connaissiez tous
les mots de l'exercice "Histoire"? Combien de mots ne connaissiez-vous pas ? Levez
vos doigts pour me montrer...
Les
élèves comptent et lèvent les doigts. Cela va de 2
mots à plus d'une dizaine selon les élèves.
P: - Ceux qui ne connaissaient pas deux mots, c'étaient ... ?
E: - "cabri" et "bêler"
E: - Oui, oui, c'est ça...
P: - Mais pourtant, personne ne m'a demandé ce que cela voulait dire... Pourquoi ?
E: - Parce que ce n'était pas très important...
E: - On arrivait à comprendre sans ça...
E: - Je n'ai eu qu'une erreur à l'exercice et ce n'est pas à cause de ça.
P: - Ceux qui ont eu des
problèmes avec beaucoup de mots, c'est parce que vous ne les
connaissiez pas, ou parce que, avec les problèmes de
déchiffrage, vous ne les RECONNAISSIEZ pas ?
E: - Euh, ... Non, non, on ne les connaissait pas ...
P: - Ah ? Bon, écoutez, je
vous lis le texte lentement et vous comptez sur vos doigts combien de
mots vous ne connaissez pas, d'accord ?
Lecture du texte, très lentement. On
compte. Tous les élèves n'ont de problème qu'avec
les deux mots "cabri" et "bêler", sauf un élève,
d'un milieu culturellement très
pauvre, qui dit n'avoir des problèmes qu'avec 4 ou 5 mots au
lieu de plus d'une dizaine annoncée précédemment.
(Remarque: je n'ai pas enquêté plus loin, mais il
s'agissait
probablement de formes conjuguées à l'imparfait ou au
passé simple...). Je me suis adressée à cet
élève:
P: - Mais tu as bien réussi l'exercice. Tu n'avais que deux erreurs. Alors, comment as-tu fait ?
E: - Ben, avec le reste, on arrive à comprendre quand même et mettre des trucs ou des idées sur les mots...
P: -
D'accord. C'est la bonne
solution: se servir de la phrase en entier. Donc, cet exercice
n'était pas si facile que ça, puisque des mots
étaient inconnus. Et pas trop difficile, puisque vous avez bien
réussi. Mais pourtant, vous ne connaissiez pas l'histoire, alors
qu'avant, vous
disiez que c'était de connaître l'histoire qui rendait un
exercice plus facile. Alors, est-ce qu'il y a autre chose qui rendre
l'exercice plus facile?
E: - Cet exercice est plus facile parce qu'il y a des images.
E: - Oui, oui, ce sont les images, c'est plus facile.
P: - Mais qu'est-ce que ça change ?
E: - On voit mieux ce qui se passe, on comprend mieux qui fait quoi dans l'histoire.
P: - Mais vous avez quand même presque tous fait au moins une ou deux erreurs ?
E: - On en a fait beaucoup moins que dans les autres exercices... mais on comprend
mieux quand même, on peut voir ce qui se passe.
P: - Voir comment ?
E: - Voir dans la tête. Avec les images.
P: - Ah ! Les images vous permettent
de vous faire un film dans la tête ? Comme quand vous rêvassez
que vous êtes Zidanne ou que vous êtes beau, riche et
intelligent.
E: - Oui, oui, c'est comme ça, on se fait un film et on comprend. C'est pareil.
P:
- C'est normal de rêver à des choses agréables. Et
avoir les images dans la tête, c'est exactement ce que je
voudrais que vous fassiez chaque fois que vous lisez. Vous comprendrez
mieux. Est-ce qu'il y a quelqu'un qui n'arrive pas à se faire
des images ou des films dans la tête ?
L'élève qui s 'est
manifestée est une élève du groupe soutien-lecture
de 6ème, côté collège:
E: - Oui, moi, vraiment, je n'ai pas d'images dans la tête... Rien... Rien de rien...
P: - Tu sais, tout le monde n'arrive
pas à "se faire des images dans la tête". C'est normal, on
n'est pas tous faits de la même manière. On ne
réfléchit pas tous pareil. Et si tu essayais "d'entendre"
ce qui se passe dans l'histoire ? Yeux ouverts quand tu lis ou yeux
fermés à la fin de la phrase, essaie d'entendre ce qui se
passe...
L'élève essaie quelques minutes:
E: - J'y arrive... Oui, j'entends. Vous avez raison, j'arrive à mieux comprendre ce qui se passe, maintenant.
P: - Alors, à ton avis, que faut-il prendre comme habitude quand tu lis ?
E: - Ben... lire moins vite et "écouter la radio" de ce que je lis dans ma tête...
P: - C'est très bien dit. Et tu as raison, il faut faire ça. Et très vite, tu auras
l'habitude de le faire et tu feras de rapides progrès.
Cette semaine, tu t'entraînes, et on en reparle la semaine prochaine.
CQFD.
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